Notre critique du jeu Assassin’s Creed Odyssey

3 octobre 2018 Non Par Michaël Bertiaux

Moins d’un an après la sortie du jeu Assassin’s Creed Origins développé par Ubisoft Montréal, c’est au tour de la division de Québec de nous dévoiler son savoir-faire avec Assassin’s Creed Odyssey. Bien que cette nouvelle épopée ne sera mise en vente que ce vendredi sur PC, PlayStation 4 et Xbox One, nous avons eu la chance de la tester pour vous. 

Des divinités et des hommes

Avec Origins, Ubisoft nous plongeait à l’ère du royaume lagide en Égypte. Cette fois, l’action se déroule 400 ans plus tôt en pleine guerre du Péloponnèse. Les différentes cités-États grecques s’entre-déchirent alors que l’armée spartiate est à leurs portes, prête à les réduire en fumée.

Vous incarnez un descendant de Léonidas, légendaire guerrier et roi de Sparte. Pour la première fois de la série Assassin’s Creed, il est possible de choisir entre un protagoniste masculin (Alexios) ou féminin (Kassandra). Ce choix n’est pas anodin et donne déjà le ton pour un jeu qui a nécessité un travail colossal au niveau de la narration.

Le personnage principal, peu importe qui il est, hérite d’une lance brisée dotée de pouvoirs mystérieux. Elle serait la clé pour résoudre le conflit entre Sparte et Athènes.

L’île sur laquelle vous habitez représente un long didacticiel pour se familiariser avec les différentes mécaniques de jeu. Vous testerez votre habileté au combat, que ce soit en mêlée ou en mode furtif. Vous serez également confronté à quelques choix dont les ramifications peuvent n’être présentes que bien plus tard. La notion de choix dans Assassin’s Creed Odyssey est bien présente, un atout considérable par rapport à Origins. Kassandra et Alexios peuvent prendre position, ce qui entraîne parfois des conséquences différentes.

Par exemple, en début de partie, il est possible de tuer des mercenaires envoyés contre vous. Si vous leur laissez la vie sauve, la conséquence ne sera pas la même que si vous choisissez de les éliminer. Ainsi, il est possible de résoudre certaines situations par voie diplomatique plutôt que par la force. Ne vous attendez pas à un Fallout: New Vegas en termes d’embranchements au niveau des dialogues, mais c’est tout de même un pas de géant vers l’avant par rapport à ce qui était présenté auparavant dans la série.

Assassin's Creed Odyssey

Une aventure homérique

Kassandra et Alexios évoluent grâce à l’obtention de points d’expérience et de points d’habileté. Trois disciplines sont disponibles : guerrier, chasseur et assassin. Une présentation somme toute classique et plutôt calquée par rapport à Origins, lui aussi divisé en trois disciplines majeures.

Il n’est donc pas surprenant de voir une autre mécanique recyclée, celle du compagnon ailé Irkos qui vient remplacer Senu pour vous dévoiler des points d’intérêt. Même si le contexte historique a peut-être un peu forcé la main d’Ubisoft, il est dommage de voir ce copié-collé.

Après avoir fait vos classes sur la première île, vous serez libéré de vos carcans et enfin prêt à explorer le vaste monde créé avec une minutie incroyable par Ubisoft Québec. Prendre les voiles à bord de votre propre navire de guerre vers l’inconnu est un sentiment incroyable qui n’a d’égal que la beauté des paysages qui s’étalent devant vous.

Suivrez-vous l’histoire ou préférerez-vous compléter votre montagne de quêtes secondaires? Peu importe la destination, Assassin’s Creed Odyssey offre l’un des mondes ouverts les plus convaincants de cette génération, fourmillant de vie et riche d’architectures dont Zeus lui-même serait fier.

Assassin's Creed Odyssey

THIS.IS.SPARTA!

Fille ou fils de roi Sparte, votre rôle de mercenaire sanguinaire ne s’arrête pas à la gloire de Léonidas. Assassin’s Creed Odyssey vous laisse aussi le choix de défendre les Athéniens. La présence de combats décisifs (Conquest Battles) est un excellent ajout qui vient récompenser l’aboutissement de quêtes secondaires où vous réduisez petit à petit l’influence des deux groupes.

Et ne pensez pas que les ennemis vous affronteront en duel : ils peuvent vous attaquer plusieurs à la fois, créant des situations pour le moins corsées. Ce pourquoi il est souvent préférable d’avoir un avantage tactique en assassinant ses cibles au préalable ou en prenant soin de limiter le nombre d’attaquants pour ne pas alerter toute la résistance.

En combat, vous pouvez parer les frappes ennemies pour ensuite lâcher quelques coups sans riposte. Vous pouvez aussi esquiver : si vous le faites assez précisément, le temps ralentit. Plusieurs habiletés spéciales viennent pimenter les effarouchées, dont le fameux coup de pied digne du film 300 ou encore un tir triple à l’arc. À ces pouvoirs s’ajoute un système de butin addictif. Casques, armures, gants, bottes, arcs et armes, vous serez comblé par le nombre incroyable d’équipement à découvrir.

Les forgerons vous invitent également à inscrire des runes magiques sur vos objets préférés, leur conférant ainsi des bonus intéressants. Puisque vous serez souvent amené à changer d’équipement en cours d’aventure, ce système n’est pas le plus efficace. Vous pourrez aussi modifier votre monture Phobos et ainsi galoper à tout vent avec style.

Assassin's Creed Odyssey

Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu

La prémisse de ce Assassin’s Creed Odyssey n’est peut-être pas la plus originale, mais l’exécution globale laisse une excellente impression. C’est là un exploit en connaissance de cause, car beaucoup de contenu se répète d’une zone à l’autre; tuer des bandits, synchroniser l’environnement avec Irkos, libérer des camps, les quêtes secondaires sont pour la plupart moches et peu inspirées. Un constat qui revient souvent avec Ubisoft et pas seulement dans cette série.

N’empêche, explorer le monde de cette Grèce antique fictive demeure amusant. Il y a suffisamment d’intrigue et de mécanismes bien ficelés pour nous tenir en haleine jusqu’à la toute fin. Il y a un peu de tout dans Odyssey : cet amalgame de genres fera sourciller les puristes alors que la mythologie prend encore une fois de l’ampleur au détriment du reste. Il ne faut pas avoir peur du surnaturel au risque de décrocher. Une tournure fantastique qui vient jeter de l’ombre aux aspects « réels » du jeu, où les séquences hors de l’Animus deviennent dénuées d’intérêt. Malgré le fait que les créateurs croient encore en son importance, c’est de moins en moins vrai à notre avis.

Assassin's Creed Odyssey

Il nous apparaît aussi important de taire une critique envers le jeu une bonne fois pour toutes, qui serait selon certains plus proche d’une extension que d’un jeu principal. Bien que l’influence d’Origins est évidente, parfois trop même, le monde d’Odyssey est encore plus satisfaisant à découvrir. Le choix du protagoniste, les dialogues améliorés, les batailles à grand déploiement, la recherche (et l’exécution) de membres du culte de Kosmos, le système de mercenaires qui fait penser à Shadow of Mordor, la possibilité de recruter son propre équipage et améliorer son navire de guerre pour triompher sur mer comme Poséidon, franchement il y a une superbe profondeur à apprécier et à vivre. Si bien qu’on peut s’y perdre, et c’est là une force de ce jeu.

S’il y avait une amélioration majeure à apporter à ce Assassin’s Creed Odyssey, ce serait sans doute au niveau de l’intelligence artificielle des ennemis. Plusieurs combats se transforment en jeu de chat et de la souris lors d’affrontements multiples. Il est encore trop facile de semer ses adversaires en grimpant comme Spider-Man sur toutes les parois imaginables (même des parties basses taillées dans le roc!). La formule open world rend ce type d’interactions difficile à gérer au niveau de l’IA, c’est un fait, mais nous croyons qu’il n’y a pas eu suffisamment de progression sur cet aspect technique au cours des dernières années. Ce qui est vrai pour une grande majorité de jeux vidéo, pas seulement ceux créés par Ubisoft.

Assassin's Creed Odyssey

 

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