Notre critique de Shadow of the Tomb Raider

Notre critique de Shadow of the Tomb Raider

20 septembre 2018 Non Par Michaël Bertiaux

Un peu moins de trois ans après Rise of the Tomb Raider, Eidos Montréal est de retour avec de nouvelles aventures pour la dure à cuire Lara Croft. Troisième titre principal depuis le redémarrage de la franchise en 2013, voici mon analyse complète des dernières péripéties de cette héroïne qui n’a pas froid aux yeux. 

Apocalypse Now

Dans Shadow of the Tomb Raider, l’histoire débute au Mexique alors que Lara Croft talonne un certain Pedro Dominguez, à la tête du groupe paramilitaire Trinity. Le personnage apprend l’existence d’une ancienne cité et sa filature la mène dans un temple. C’est à cet endroit qu’elle met la main sur une dague mystérieuse et relique d’un autre temps. Mais Lara était loin de se douter que de prendre un tel objet sacré enclencherait une véritable apocalypse maya.

Quelques instants plus tard, la ville de Cozumel est inondée par un puissant tsunami. Pour le joueur, c’est l’occasion de tester une première séquence digne d’un film d’action hollywoodien alors que le décor se déchire par la force des eaux. Comme je l’ai constaté tout au long du jeu, Eidos Montréal a vraiment mis le paquet pour créer des moments uniques de haute voltige. Très agile, Lara est en mesure de sauter, courir et grimper pour explorer les différents niveaux. À cela s’ajoutent plusieurs mécaniques intéressantes, par exemple descendre en rappel, nager sous l’eau ou encore sauter et s’agripper sur un poteau avec ses pieux. Malgré la richesse des mouvements à notre disposition, il n’est pas difficile de manœuvrer dans les différents niveaux.

shadow of the tomb raider

Lara l’exploratrice

Shadow of the Tomb Raider se présente comme un jeu où Lara entre en communion avec la nature. Après le sinistre du Mexique, elle se rend au Pérou à la recherche d’une boîte légendaire qui renfermerait la clé pour cesser l’apocalypse maya. L’atterrissage n’est pas de toute beauté : Lara et son ami Jonah s’écrasent en pleine jungle. Sans être un Metal Gear Solid 3: Snake Eater, le jeu nous dévoile alors son côté sauvage avec chasse, crafting en utilisant des peaux de bête (entre autres) et exploration dans un environnement dense.

L’immersion est totale avec un niveau de détail ahurissant. La dernière fois que j’avais eu autant de plaisir à explorer un monde fictif était avec Xenoblade Chronicles X sur Wii U. Les environnements recèlent de secrets, d’objets à découvrir et, plus intéressant encore, de tombes et de cryptes. Je dois lever mon chapeau aux développeurs, l’aspect exploration est vraiment réussi ce coup-ci. En plus de la motivation de découvrir de vieilles ruines et leurs dangers, il y a des bonus à la clé comme des habits exclusifs ou des habiletés uniques à débloquer. Je crois en fait que pour apprécier Shadow of the Tomb Raider à sa juste valeur, il faut aimer prendre le temps de tout voir.

Tout est démesuré dans ce jeu, en passant de la qualité visuelle à la splendeur des villes. Je me suis régalé à tout passer au peigne fin, prendre des photos (ce que je ne fais jamais!), tâcher de ne rien oublier derrière. Si vous n’aimez pas les collect-a-thon, sachez que tout cela est optionnel. Par contre, pour les perfectionnistes, c’est une tâche immense que de tout découvrir.

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Lara la faucheuse

Pour ce qui est du gameplay en tant que tel, nous avons droit à une recette éprouvée qui n’évolue plus beaucoup. Quand elle n’est pas juchée au sommet d’une falaise, Lara assassine des membres de Trinity couverte de boue avec son couteau. La pilleuse de tombes possède tout un arsenal pour se défaire de ses ennemis, tant humains que fauves : pistolets, mitraillettes, cocktails molotov, grenades assourdissantes, il y en a pour les furtifs ou l’infanterie lourde.

Étonnement, Shadow of the Tomb Raider ne fait pas dans la tuerie à outrance. J’ai été surpris par le parfait dosage entre déterrer des caches de survie dans un temple vieux de plusieurs millénaires et pendre des mercenaires à l’aide de son arc. Certes, il y a des séquences qui font passer Lara pour Rambo, mais elles ne sont pas légion. Il y a beaucoup de platforming avec une excellente verticalité et je dirais même profondeur, parce que oui vous irez aussi sous l’eau, retenez bien votre souffle!

Le système de progression fonctionne avec des points d’expérience gagnés en chassant, accumulant des trésors et complétant des petites quêtes anodines (elles sont plutôt moches). Après avoir atteint un certain seuil, vous gagnerez un point d’habileté à dépenser selon trois disciplines : seeker (perception), scavenger (pillage) et warrior (combat). Le jeu vous laisse choisir comment vous désirez faire évoluer Lara. Puisque les combats ne sont pas si fréquents, j’ai opté pour la perception. Une habileté permet par exemple de voir le cœur d’un animal pour lui infliger un maximum de dégâts. Une autre permet de révéler des points d’intérêt dans le monde en utilisant le mode instinct de survie, calqué de jeux comme The Witcher 3: Wild Hunt.

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Un temps révolu?

Mis à part un scénario qui m’a laissé de marbre, le seul autre élément qui m’a déçu avec Shadow of the Tomb Raider est sa discordance. Au cours des premières heures de jeu, Lara et Jonah s’écrasent dans la jungle. Jusqu’ici tout beigne. Ils découvrent un village péruvien en pleine jungle et devinez quoi : les résidents s’expriment en anglais! Disons que j’ai été étonné par une lacune aussi flagrante. Je comprends que le jeu a été créé pour un auditoire majoritairement anglophone, mais un tel compromis n’était pas du tout nécessaire. C’est navrant et bien franchement, nous sort immédiatement de l’ambiance.

Shadow of the Tomb Raider est un excellent jeu qui a peut-être pour seul véritable problème une date de sortie mal choisie qui vient se frotter à d’autres grosses pointures, notamment Spider-Man. Pourtant, le jeu qu’a créé Eidos Montréal est un véritable mine d’or, un bijou artistique avec du gameplay amusant, varié et intéressant. Le dépaysement est quasi total (nonobstant les dialectes) et plaira à coup sûr aux joueurs qui aiment prendre leur temps pour tout découvrir. J’ai aimé l’accent évident mis sur la narration et l’expérience cinématographique, c’est génial. Pour certains Lara Croft souffre du même mal que la série Assassin’s Creed, à savoir des jeux qui se ressemblent trop. À cela je réplique que la formule actuelle est idéale, bien calibrée entre le présent et le passé. Et je ne voudrais pas voir (trop) de mythologie dans Tomb Raider!

 

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