Critique : Danganronpa Trigger Happy Havoc

Critique : Danganronpa Trigger Happy Havoc

18 février 2014 Non Par Michaël Bertiaux

J’avoue avoir hésité par rapport au jeu Danganronpa : Trigger Happy Havoc, un roman-mystère visuel initialement paru au Japon sur PSP en 2010 avant de faire l’objet d’un portage sur Vita l’an dernier. Ce type de jeu n’a pas habituellement une grande rejouabilité puisque le plaisir vient du suspense. Pourtant, Danganronpa fut une agréable surprise pour qui préfère réfléchir dans ses jeux et aime bien sûr les mises en situation plutôt japonaises.

Tuer, c’est jouer

Le joueur incarne Makato, un adolescent tout ce qu’il y a de plus ordinaire, sélectionné par tirage au sort pour étudier à la Hope’s Peak Academy, une école destinée à l’élite du pays. Il y rencontrera l’élite du baseball, de la natation, des arts martiaux, du jeu de hasard, du roman policier et plusieurs autres personnages mémorables. Le hic, c’est que les 15 étudiants ont tous perdu leur mémoire après avoir mis les pieds dans l’école, qui devient une véritable prison dont ils ne peuvent s’échapper. On n’y manque de rien, mais les fenêtres sont scellées et la porte d’entrée est tout aussi imprenable. Pire encore, l’école est dirigée par Monokuma, un ourson semi-mignon et semi-machiavélique, qui offre aux élèves la possibilité d’obtenir leur liberté s’ils tuent l’un de leurs camarades sans se faire prendre la main dans le sac. Si le jugement du tribunal des élèves tombe sur le coupable, celui-ci est voué à une exécution sadique.

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Prenant la forme de chapitres, Danganronpa est divisé en deux sections : la vie quotidienne dans l’école (sans toutefois aller en classe!) et des procès qui ont lieu chaque fois qu’un nouveau meurtre est commis. Des indices recueillis sur la scène du crime permettent de réfuter certaines déclarations ou de souligner les contradictions des accusés. D’autres séquences du procès portent sur une variante du jeu du pendu, où l’on doit compléter un mot en cliquant sur les bonnes lettres, ainsi qu’un mini-jeu de rythme où il faut appuyer sur les touches de la console en suivant les points à l’écran. Au fil des chapitres, on se rapproche de l’élucidation de l’identité du maître à penser qui contrôle Monokuma et l’école.

Danganronpa permet d’opter pour l’audio en anglais ou en japonais; je recommande fortement l’option en japonais pour la qualité du jeu d’acteurs (en anglais, la voix de Monokuma est particulièrement irritante). Cela étant dit, puisqu’il s’agit d’un roman visuel à la base, une très bonne compréhension de l’anglais écrit est nécessaire pour bien profiter du jeu. Le look des personnages est attrayant et la mise en scène est en 2.5D, comme s’il s’agissait d’un théâtre de papier de style animé. La traduction anglaise est très réussie et se permet même des références à Photoshop et à Google. Cependant, il faut souligner la présence de jurons en anglais; si l’on tient compte également des meurtres plutôt graphiques de Danganronpa, il est peu étonnant que le ESRB lui ait donné la cote Mature (17 ans et plus)!

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L’enfer, c’est les autres

Danganronpa se penche de façon intéressante sur l’effet d’un huis clos avec un groupe de jeunes qui ne rêvent que de retrouver leur liberté et de reprendre leur vie là où ils l’ont laissée. Même si des amitiés se développent, personne ne sait qui sera la prochaine victime ou le prochain meurtrier, ce qui a pour effet de susciter des tensions entre les personnages, d’autant plus que Monokuma prend un malin plaisir à leur offrir des motifs pour tuer. Cependant, l’espoir et l’instinct de survie sont plus forts que tout…

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Verdict
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Même si le jeu original date d'il y a 4 ans, NIS America a eu la bonne idée de profiter de la sortie de la version Vita pour traduire le tout en anglais. D'ores et déjà, il a connu suffisamment de succès pour que la compagnie annonce la distribution plus tard cette année la suite de Danganronpa, sous-titrée « Goodbye Despair ». Même si la rejouabilité est plutôt faible (on ne retrouve aucun élément aléatoire dans les procès), Danganronpa demeure un jeu prenant au graphisme agréable. Puisque les personnages sont typés selon leur spécialité, chaque joueur s'attachera à l'un ou l'autre des protagonistes et espérera que celui-ci survive jusqu'à la toute fin. Attention toutefois : y jouer tard le soir, c'est risquer d'en rêver! Qui sait ce que ce petit ourson maléfique pourrait nous réserver?

Une critique de Sarah Szefer

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