Bravely Default : notre verdict

Bravely Default : notre verdict

12 février 2014 Non Par Michaël Bertiaux

Une aventure épique

Dès la première fois que j’ai posé les yeux sur Bravely Default, je savais que le jeu était prometteur. Je suis un grand fan des jeux de rôle japonais (JRPG) et en particulier de la série Final Fantasy : il était donc naturel pour moi de ressentir une attirance particulière envers le dernier-né de Square Enix et de Silicon Studio, surtout en tenant compte qu’il propose un système de métiers à la Final Fantasy V, que je tiens en haute estime. Toutefois, j’avais aussi un sérieux doute par rapport à Bravely Default, qui s’est vite dissipé après avoir testé la démo le mois dernier. Je ne suis pas du tout fan des décisions récentes entourant Final Fantasy, de l’axe évolutif choisi par les développeurs à Square Enix. Je redoutais donc l’influence négative du studio surtout au point de vue du scénario. J’ai le plaisir aujourd’hui d’écrire que Bravely Default n’a rien à voir avec les déboires qu’on pourrait associer à Square Enix ces derniers temps.

Au contraire, Bravely Default est une aventure des plus épiques. Alors qu’un terrible mal s’attaque au Cristal du Vent, source de paix et d’énergie inestimable, une petite équipe d’aventuriers se forme pour affronter la force destructrice à l’origine du fléau ayant englouti le village fermier de Norende, laissant derrière elle un gigantesque gouffre. Tiz, seul survivant de cette apocalypse, est rejoint en début de partie par Agnès Oblige, une prêtresse du Cristal recherchée par de nombreuses personnes peu recommandables qui aimeraient bien lui faire la peau. À les entendre, Agnès et son ordre sont responsables de cette tragédie et doivent payer le prix ultime pour leur erreur. Le duo de personnages devient vite un trio avec l’arrivée de Ringabel, un héros amnésique (un autre!) possédant un mystérieux journal de bord dont les écritures semblent prémonitoires. Enfin, le groupe accueille Edea, une jeune femme si dégoûtée par les pratiques barbares de son armée qu’elle abandonne son poste et affronte les siens au nom de la justice et du bien avec ses nouveaux compagnons de fortune.

Au cours des premières heures de jeu, vous affronterez une panoplie de personnages qui tenteront par tous les moyens de capturer ou d’éliminer Agnès. Elle est la cible numéro un et vous jouerez donc le rôle de garde du corps tout au long de l’aventure. L’histoire progresse à bon rythme et on ne s’ennuie pas mis à part avec Ringabel et son caractère gonflant, poussé à la limite du ridicule avec son attitude de beau tombeur. Agnès agace aussi par moments, toujours préoccupée par le sort réservé à son ordre, mais aussi une fervente amatrice du « non » dans toutes les situations imaginables.

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La stratégie avant tout

Bravely Default innove avec un système de combat en apparence purement classique, mais qui propose suffisamment de stratégie pour pimenter les affrontements. Deux tactiques sont au cœur des batailles : la première, « Brave », vous permet d’exécuter plus d’une action par tour tandis que la seconde, « Default », est axée sur la défense. En tout, chaque personnage peut exécuter un maximum de quatre actions par tour en utilisant des points de combat (BP). Cependant, il faut savoir doser car utiliser plus d’une action vous empêche d’utiliser le personnage à nouveau tant que son nombre de BP n’atteint pas 0 (l’échelle va de -4 à +3). En optant pour Default, le héros absorbe une partie des dégâts et emmagasine un point de combat pour le prochain tour. Puisque les monstres et en particulier les boss emploient ces tactiques, il est primordial d’en tenir compte. J’ai eu de la difficulté à m’adapter au départ. Il faut dire que Bravely Default propose un défi assez relevé même pour les habitués de JRPGs. Ça, ou je suis tout simplement mauvais, à vous de juger!

Les métiers représentent un autre élément-clé des combats. D’abord freelancers aux habiletés plus que limitées, vous obtenez ensuite des pouvoirs variés comme celui de chevalier, de voleur, de mage noir et bien d’autres pour un total de 23. Expérimenter avec différentes combinaisons de métiers est l’un des facteurs les plus appréciables de Bravely Default. Préférerez-vous une équipe misant sur la force brute, un équilibre entre l’attaque et la magie ou autre chose? Les possibilités sont nombreuses et c’est une bonne chose. Acquérir tous les métiers et les évoluer au niveau maximal est une excellente motivation, d’autant plus que certains sont obtenus seulement après avoir accompli des quêtes facultatives intéressantes qui enrichissent le scénario principal.

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Tous pour un, un pour tous

Bravely Default est un véritable plaisir pour les fans de JRPGs. Le seul vrai défaut que je pourrais lui attribuer (outre Ringabel) est son aspect social. Tiz s’est donné comme mission de reconstruire le village de Norende et pour y parvenir, vous devrez ordonner à des habitants de mettre sur pied des commerces en tous genres ou de les développer. Ces habitants sont obtenus via StreetPass ou Internet, donc si vous n’avez pas accès à ces fonctionnalités, la construction du village n’a rien de plaisant. Il est vrai que le jeu propose une alternative (des amis virtuels), mais à mon avis la reconstruction ne gagne rien à se baser sur les échanges de données entre joueurs.

La coopération ne s’arrête pas là. En combat, les héros peuvent faire appel à des amis, qui auront envoyé une attaque spéciale via les fonctionnalités réseau de la 3DS au préalable. Vous pouvez donc facilement vous retrouver avec des attaques surpuissantes dès les premiers chapitres et ainsi annihiler les boss en un coup si vous le désirez, ce qui m’a paru un peu bête. Lorsque j’ai reçu ma cartouche la semaine dernière, peu de joueurs avaient partagé leurs attaques spéciales, mais aujourd’hui vous recevrez des attaques complètement ridicules de héros au niveau maximal ayant complété l’aventure. Les défis s’en voient donc atténués. D’expérience personnelle, les combats nécessitent des tactiques, chose que les invocations d’amis annulent en grande partie. Je ne dis pas que vous êtes obligés de les utiliser, mais j’aurais limité leur usage encore plus.

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[easyreview title=”Verdict” cat1title=”Résumé” cat1detail=”Si vous aimez les jeux de rôle, Bravely Default ne vous décevra point. Il existe des clichés, mais la plupart ont été habilement écartés. Je ne vous gâcherai pas les surprises pour me contenter de glisser que les combats ont de réelles conséquences et pas du faux comme il est trop souvent le cas dans ce genre. La musique, le gameplay, la carte du monde à explorer tant des airs qu’à pied, le système de métiers poussé, l’aventure en général, difficile de trouver des reproches à Bravely Default. Ironiquement (et d’autres m’ont devancé à ce sujet), il s’agit vraiment d’un meilleur Final Fantasy que les titres récents de cette franchise. Il y avait longtemps qu’un JRPG n’avait pas fait autant l’unanimité. Et c’est tant mieux car le genre souffre depuis les dernières années. L’année 2014 pourrait bien s’avérer extraordinaire à ce sujet, avec notamment Persona 5, Child of Light et bien d’autres à venir.” cat1rating=”5″]

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