Critique : Hyperdimension Neptunia Victory

Critique : Hyperdimension Neptunia Victory

22 mars 2013 Non Par Michaël Bertiaux

Le monde de GameIndustri est à nouveau ravagé par des monstres et des individus louches qui tentent par tous les moyens d’éliminer les CPU, ces héroïnes de diverses nations représentant de façon humoristique les consoles de salon. Pour la troisième fois, NIS America et Compile Heart nous replongent dans un univers typiquement japonais avec Hyperdimension Neptunia Victory, un jeu de rôle hors norme visant un marché restreint. Saura-t-il vous charmer avec son contenu loufoque?

Boobs, boobs, and even more boobs

Que vous ayez joué ou pas aux titres précédents de la série, vous devez aborder Hyperdimension Neptunia Victory en connaissance de cause : les personnages sont tous hypersexualisés, les dialogues aussi, et même certaines animations. Je prends la peine de le mentionner pour ne pas que le jeu tombe entre les mains d’un public qui ne serait pas prêt psychologiquement parlant. D’un autre côté, la jaquette officielle donne un indice à ce sujet avec la plantureuse Plutia (Iris Heart) en page couverture. En début de scénario, vous incarnez Neptune, une jeune CPU (déesse en quelque sorte) nonchalante flanquée d’amies toutes aussi charmantes que juvéniles de par leurs sautes d’humeur et leurs caractères stéréotypés au maximum. Un autre personnage, Rei Ryghts, vous expédie dans une dimension parallèle où vous retrouvez vos anciennes amies, mais beaucoup plus jeunes dans certains cas ou toujours aussi bêtes dans l’autre.

Si je ne m’attarde pas à l’histoire, c’est qu’elle n’a rien de poignant. Les dialogues sont un peu trop nombreux pour la cause, et si vous n’appréciez pas lire les débandades d’adolescentes tout ce qui a de plus cliché, je vous conseille fortement d’appuyer sur votre meilleur ami dans le jeu, autrement dit le bouton « carré ».  Et je n’exagère pas en spécifiant que les dialogues sont omniprésents, vous passerez au moins la moitié de votre temps à lire, du moins si vous n’adoptez pas mon petit truc. L’autre moitié est passée dans les donjons à monter de niveau comme tout bon JRPG qui se respecte.

hyperdimensio neptunia victory

Grind till you drop

L’aspect le plus raffiné de ce Hyperdimension Neptunia Victory est sans doute celui des combats et c’est tant mieux puisque vous devrez terrasser du monstre à la pelle. Un système de quêtes classique a été mis en place, lequel associe vos efforts à des récompenses sous forme de crédits et d’objets désirables. Malheureusement, les donjons en tant que tel ne sont pas intéressants. Leur architecture est banale et ils ne servent qu’à engendrer des créatures ou des ressources que vous prendrez soin de recueillir afin de compléter vos quêtes ou encore de fabriquer des objets nouveaux. Le temps passé dans ces zones est long et il aurait été préférable de leur donner plus d’aspects uniques. Au lieu de cela, Compile Heart a recyclé la plupart des éléments d’une zone à l’autre, même les ennemis. Il va sans dire que le jeu est répétitif à souhait. Pourtant, la mécanique de combat n’est pas au cœur de ce problème. Il manque cruellement de diversité, point. Je dois aussi mentionner que d’un point de vue stratégique, les monstres répondent, la plupart, à une règle précise : videz leur jauge d’armure (Guard Break) et ensuite allez-y d’attaques lourdes pour leur infliger de lourds dégâts. Il arrive à l’occasion que des monstres spéciaux bloquent l’accès à vos attaques spéciales, par exemple, mais ces confrontions sont rares. En règle générale, vous exécuterez les mêmes attaques encore et encore.

Règle de JRPG numéro 119 oblige, les attaques spéciales déculottent, dans les deux sens du mot. Elles infligent une tonne de dégâts et, parfois, vous donnent un aperçu des, comment dire, beautés cachées de vos héroïnes chéries. Par exemple, Blanc (White Heart), lorsqu’elle utilise une de ses attaques spéciales, dévoile sa petite culotte. Pourquoi? Je n’ose pas répondre. Pour la même raison qu’une des animations met en vedette le producteur Keiji Inafune, c’est-à-dire parce que le jeu ne se prend pas au sérieux du tout. J’ai un bon sens de l’humour, ceci étant dit j’ai été irrité – non, saoulé – par le nombre abusif de références à l’industrie des jeux vidéo et au sexe.

hyperdimensio neptunia victory

Le côté sexy

Malgré ce qu’on peut lui reprocher, Hyperdimension Neptunia Victory a du bon. Le système de combat, sans être parfait, est suffisamment peaufiné pour vous procurer du plaisir. Le compromis étant la répétitivité excessive. Si vous appréciez la personnalisation de personnages pour ne pas dire de poupées, vous serez aux anges avec ce jeu, qui vous propose non seulement de modifier votre équipement de base, mais aussi les costumes, les accessoires et les modules de vos héroïnes (pour leur forme CPU). De plus, j’ai apprécié la trame sonore bien plus que je ne l’aurais cru. Les oreilles fines reconnaitront un certain Nobuo Uematsu, un des plus célèbres compositeurs de l’industrie, reconnu notamment pour son œuvre avec la franchise Final Fantasy. J’ai aussi apprécié la diversité du contenu dans les différentes villes principales. À titre d’exemple, après chaque chapitre, vous pourrez participer à des activités secondaires qui explorent de nouvelles facettes de la personnalité des personnages. Ces événements ont parfois une utilité pratique : apprentissage d’habiletés secrètes, obtention d’objets uniques, bref ces scènes ont un but, ne serait-ce que de divertir.

La progression proprement dite est bien équilibrée, exception faite de donjons que vous ne pourrez explorer avant d’atteindre un niveau élevé comme dans un MMO. Rien ne vous empêche de vous y frotter dès leur découverte, mais attendez-vous à ce que votre équipe tombe K.O. en deux temps trois mouvements. La courbe de difficulté d’Hyperdimension Neptunia Victory oscille largement de trop facile à extrême, au grand plaisir des hardcore qui se buteront à des défis de taille. Pour un joueur moins habitué qui aurait envie de tester ce jeu, ces antipodes risquent de déplaire, surtout au chapitre 5 où la difficulté monte en flèche. D’où l’importance du grinding et à moins grande échelle du farming question de toujours avoir le dessus sur le bestiaire. Compile Heart a misé sur une multitude de fonctionnalités, à un tel point que même après une dizaine d’heures derrière vous, d’autres systèmes seront introduits. Pour ma part, j’ai aimé cet apprentissage continuel. Le jeu est difficile à maîtriser en raison du grand nombre de systèmes (dont le Lily Rank un peu abstrait) et du temps qu’il faut y allouer.

hyperdimensio neptunia victory

[easyreview title=”Verdict” cat1title=”Résumé” cat1detail=”Hyperdimension Neptunia Victory est un jeu difficile à tester puisqu’il faut se mettre dans la peau de sa clientèle cible, c’est-à-dire des fans de JRPG humoristiques et sexy. À mon sens, les gags ne font pas toujours mouche et les dialogues, trop nombreux, deviennent vite gonflants. L’hypersexualisation du scénario n’aide pas; ne vous surprenez pas de lire de nombreuses lignes à propos des seins de telle ou telle héroïne, toujours sur un ton familier. Et j’espère que votre anglais est avancé si vous désirez comprendre toutes les subtilités du texte. Malgré son aspect rébarbatif exacerbé par une panne créative au niveau du contenu des donjons, le jeu accroche grâce à ses nombreux systèmes uniques et ses phases de combat qui, sans réinventer la roue, sont suffisamment dynamiques pour vous tenir en haleine. Il faudra compter au minimum une trentaine d’heures pour compléter le jeu et bien plus si vous êtes du genre perfectionniste.” cat1rating=”3.5″]

Sur le même sujet