Critique : DMC Devil May Cry

Critique : DMC Devil May Cry

14 février 2013 Non Par Michaël Bertiaux

Le chasseur de démons Dante reprend du service dans le redémarrage de cette série qui, pour l’occasion, a été confiée au développeur Ninja Theory. Plus jeune, mauvais garçon et limite débauché, le héros se retrouve plongé dans une guerre aux proportions épiques alors qu’il découvre les secrets tapis dans son passé. L’équipe derrière DMC Devil May Cry avait beaucoup à prouver pour regagner le cœur des fans de la série après un quatrième opus somme toute  décevant, surtout en tenant compte qu’elle n’avait aucune expérience avec ces jeux, autrefois développés à l’interne chez Capcom. Pari réussi ou tentative échouée?

Fuck you Dante

L’histoire de DMC Devil May Cry débute alors que le fêtard Dante ramène chez lui de jolies femmes. À son réveil, le personnage principal est attaqué par un énorme monstre qui l’entraîne dans une réalité parallèle, le « Limbo », où les démons exercent leur pleine influence. Ce monde est dangereux, mais rien n’est à l’épreuve du fils de Sparda : armé de ses pistolets Ebony & Ivory, de sa fidèle épée Rebellion et vêtu de sa traditionnelle veste de cuir, Dante élimine toute menace avec un style qui lui est propre. Le premier niveau agit en tant que didacticiel où vous apprenez les bases du jeu. Le démon vous pourchasse pour finalement livrer un duel au héros qu’il désire éliminer à tout prix.

Si vous avez connu la série, les contrôles ne vous seront pas étrangers. Dans tous les cas, Dante se contrôle avec une certaine facilité et la fluidité des combats vous étonnera. Au fur et à mesure de votre progression, vous gagnerez des points servant à déverrouiller de nouveaux mouvements de base ou améliorer le potentiel de vos armes. Ces points sont attribués en fonction de votre performance globale, calculée selon divers critères, dont le temps de complétion de la mission, le nombre d’ennemis tués ou encore les secrets découverts. Dante débute la partie avec le strict minimum, mais il acquiert de nouvelles habiletés en cours de route, que ce soit la possibilité de s’accrocher à des parois éloignées avec l’arme angélique Aquila ou de se transformer en démon le temps que sa jauge spéciale se vide. En plus de ses pistolets, le Nephilim – puisqu’il est un hybride entre un ange et un démon – exterminera les démons avec une fauche exceptionnelle en combat de masse. Il aura aussi accès à des poings de feu, un fusil à pompe et plus encore. L’arsenal est diversifié et laisse place à des combos stylés contre les créatures infernales qui oseront se dresser devant Dante.

dmc devil may cry gameplay infernal axe

Dante Must Die

Le développeur Ninja Theory sait comment créer des jeux d’action de qualité et DMC Devil May Cry est un autre exemple probant de cette expertise. La profondeur et la diversité du système de combat est tout simplement jouissive. En un instant, vous pouvez frapper un ennemi dans les airs, le cribler de balles alors qu’il retombe pour l’achever avec un puissant coup de hache démoniaque. Plus vous êtes originaux, meilleur sera votre combo et votre total de points. Certains ennemis un peu plus coriaces demandent des réflexes aiguisés afin de contrer leurs attaques, de parer leurs mouvements et de contrôler l’issue du combat. Si vous vous contentez d’attaquer aveuglément, vous aurez droit au fameux écran « Game Over », c’est garanti. Il faut adapter sa stratégie en fonction des démons présents et la changer sans hésiter alors que le combat évolue. Cette habileté à observer et agir en conséquence n’est pas facile à maîtriser, surtout dans les modes de difficulté élevée, où le moindre faux pas donne lieu à des conséquences désastreuses. C’est là tout le plaisir de ce DMC Devil May Cry, un jeu complexe mais accessible.

En plus d’un système de combat exceptionnel, Ninja Theory a su créer un jeu remarquable sur le plan visuel. Le monde parallèle où Dante se bat semble tout droit issu d’un cauchemar psychédélique qui contraste parfaitement avec les tons de gris de la ville réelle du héros. Les différentes cinématiques n’ont rien à se reprocher côté graphismes, même si nous ne pourrions pas en dire autant sur le contenu des dialogues, souvent pauvres ou digne d’un film de série B. Dante est immature et son attitude de cowboy moderne ne plaira pas à tous. Il pourrait être comparé à Duke Nukem par moment, sans l’attitude redneck.

dmc devil may cry gameplay aerial combo

Kill him

La conception des niveaux est un autre aspect génial de ce DMC Devil May Cry. D’un point de vue gameplay, ils exploitent parfaitement tous les plans, tant à l’horizontale qu’à la verticale. De plus, ils sont pour la plupart originaux; les développeurs ont tellement bien personnalisé le Limbo comme un monde tordu et violent qu’on y croit sans hésiter. Et de l’originalité, il n’en manque pas : à certaines occasions, les corridors se rallongent pour tenter de freiner Dante, le monde évolue dans le seul but d’arrêter la progression du héros. Le niveau le plus excitant est sans doute celui qui se déroule dans une discothèque. Sans gâcher la surprise, l’abondance de couleurs et la musique se marient parfaitement aux quelques séquences de combat et de platforming.

Parlons-en justement de la musique. Composée par les groupes Combichrist et Noisia, elle colle si bien à l’atmosphère du jeu qu’on croirait que cette combinaison a toujours existé. Si vous aimez l’électronique et à moins grande échelle le métal, vous serez servis.

dmc devil may cry gameplay witch

Hell and Hell

En somme, DMC Devil May Cry offre une expérience de jeu remarquable avec une production technique habile. Mis à part quelques frustrations liées à la caméra lors de combats où l’action prend place tant dans les airs que sur terre, difficile de reprocher beaucoup de choses à ce jeu. Au niveau de la durée de vie, la campagne principale occupera une dizaine d’heures de votre temps, un peu plus si vous cherchez les clés et les portes secrètes dans le but de maximiser vos statistiques. Ensuite, il y a les quatre différents modes de difficulté qui, en plus de varier le défi, modifient les vagues de monstres initiales. Et pour les masochistes, Hell and Hell est un mode où chaque coup porté par l’ennemi vous est fatal, alors que ces créatures ont tous leurs points de vie.

Verdict
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Ninja Theory a créé un jeu sensationnel qui mérite votre attention. Bien qu’il mise un peu moins sur l’aspect aventure et horreur des titres PlayStation 2, c’est mission réussie pour ce qui est de relancer une série qui était en pente descendante depuis Devil May Cry 4. Les aspects un peu plus gênants comme l'histoire et les personnages secondaires sont vite oubliés une fois que vous vous exercez à détruire du démon avec mille et une acrobaties.

Critique réalisée sur Xbox 360.

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