Critique : Mugen Souls

Critique : Mugen Souls

15 octobre 2012 Non Par Michaël Bertiaux

La conquête de l’absurde

Compile Heart est un studio japonais reconnu pour ses jeux de rôle réservés à des marchés plus que restreints. Mugen Souls est leur dernier-né, offert à compter du 17 octobre 2012 sur le PlayStation Network en Amérique du Nord. J’ai eu la chance de le tester bien avant sa sortie américaine. Pour résumer un peu, l’histoire de ce jeu met en vedette l’héroïne Chou-Chou, une adolescente excentrique en soif de pouvoir. Son objectif ultime est de conquérir les sept mondes connus et de réduire à la servitude ses habitants. Aidée du personnage Altis, entre autres, Chou-Chou explore l’univers en conquérante.

Mugen Souls vous propose d’explorer des mondes variés avec une équipe de héros dont fait partie ladite gamine. Elle peut changer d’apparence et de tempérament, que ce soit masochiste, sadique, lunatique et plus encore. Ces visages, appelons-les ainsi, servent à manipuler l’environnement à votre avantage grâce à une mécanique franchement ratée, le Moe Kill. Je vais tenter de vous décrire la chose : en combat, vous pouvez utiliser ce pouvoir spécial (réservé à Chou-Chou) et tenter d’asservir un ennemi. Pour se faire, vous devez considérer l’état d’esprit de votre cible (fâché, content, etc.) et agir en conséquence. Lorsque vous déclenchez l’attaque Moe Kill, vous devez choisir parmi des mots et tenter d’influencer la courbe émotive de vos adversaires. Si vous optez pour les mauvais mots, l’ennemi entre dans un état spécial et ses habiletés sont décuplées. En revanche, si vous réussissez à le charmer, il ne vous combattra plus.

Je sens que vous perdez le fil, mais la mécanique est vraiment aussi atroce qu’elle le semble. Dans Mugen Souls, vous jouez à la devinette, et c’est navrant. D’accord, ce n’est qu’une facette du jeu, mais celle-ci est importante et nécessaire à maîtriser, si cela est possible. Bien que l’on puisse excuser une mécanique déplorable, les autres facteurs-clés de cette production ne sont pas suffisants pour nous procurer du plaisir.

mugen souls special attack

Bikinis et maux de tête

D’entrée de jeu, les dialogues de ce Mugen Souls m’ont fait grincer des dents. Je ne m’attendais pas à du Proust, mais Compile Heart est tombé dans les clichés et l’hypersexualisation. Pour vous donner une idée, la première scène se déroule sur un bateau volant, dans un spa où les plantureuses héroïnes s’amusent à jouer dans les bulles alors que l’ado Altis observe le tout. Tout au long de la partie, vous êtes ramené à ces propos de seins, de bikinis, de…je vais arrêter ici. Vous comprenez le principe. Un jeu de rôle est une base parfaite pour développer des personnages complexes et une histoire poignante, non pas pour témoigner de délires pré-pubaires. Du moins, c’est mon avis.

Mis à part l’histoire navrante et une mécanique principale horrible, Mugen Souls a du bon. D’abord, l’aspect visuel et très coloré digne d’un animé de haut calibre m’a épaté. Le détail des personnages, de leurs costumes, des environnements, le développeur a vraiment mis toute la gomme. De plus, j’ai apprécié les combats entre bateaux volants, bien que sous-exploités. C’était une petite surprise bienvenue qui m’a rappelé un certain bijou connu sous le nom de Skies of Arcadia. Cependant, je ne veux pas créer de faux espoirs, ne vous attendez donc à rien d’égal côté combats aériens.

La personnalisation de Mugen Souls est plutôt sympa, du moins si vous êtes du genre à aimer habiller des poupées. C’est un peu con vous me direz, mais je ne pourrais mieux décrire cet autre volet important du jeu. Si vous rêviez d’équiper un soutien-gorge à un guerrier, dites merci à Compile Heart! Blague à part, vous pouvez aussi créer vos propres héros et leur choisir des habiletés uniques.

mugen souls bathroom

[easyreview title=”Verdict” cat1title=”Résumé” cat1detail=”En résumé, Mugen Souls tente quelques approches uniques par rapport au jeu de rôle traditionnel et n’arrive pas à les rendre amusantes. Les phases de combat sont répétitives et surtout ennuyantes, ce qui s’explique en grande partie par le système Moe Kill. Le joueur se retrouve devant un jeu qui ne livre pas la marchandise. Du côté des dialogues, on perd vite l’intérêt avec un scénario juvénile voire stéréotypé au maximum. Certains y prendront leur pied, mais de mon côté, j’ai été profondément déçu par l’histoire et les personnages de Mugen Souls. En fait, je vous le déconseille vivement, même le fan de RPG en moi n’a pu adopter les mécaniques de jeu, encore moins leur consacrer des dizaines d’heures. N’empêche, j’ai aimé le travail effectué par les artistes, au point que je me disais « si seulement c’était un bon jeu ». Trop d’efforts ont été consacrés à des aspects superficiels, que ce soit les costumes (Barbie Souls!) ou la dynamique des différentes personnalités de l’héroïne. D’autres détails dérangent, que ce soit les attaques de groupe (R2 est votre meilleur ami) peu variées ou encore l’absence de réelle stratégie. Un navet.” cat1rating=”2″]

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