Critique : Borderlands 2

Critique : Borderlands 2

30 septembre 2012 Non Par Michaël Bertiaux

De retour sur Pandore

Près de trois ans après avoir lancé un Borderlands d’abord sur consoles puis sur PC, l’équipe de Gearbox Software revient à la charge avec une suite ambitieuse. Cette fois, les héros de l’Arche laissent place à de nouveaux aventuriers aux pouvoirs semblables et autant destructeurs ; Maya la sirène capable d’utiliser de puissantes magies, Axton le commando aux tourelles meurtrières, Salvador le dur à cuir pouvant manier deux armes à la fois et enfin Zer0, le furtif assassin-ninja excellent avec des fusils de précision ou au corps à corps. Chaque classe possède trois arborescences d’habiletés – tel que dans le premier titre – débloquées à compter du niveau cinq. Rappelons que Borderlands 2 est un jeu de tir à la première personne qui mélange action et RPG, donc votre personnage gagne de l’expérience en tuant des ennemis ou en accomplissant diverses quêtes sur la planète Pandore. À chaque fois que vous montez de niveau, vos statistiques s’améliorent et vous pouvez dépenser un point dans une habileté de votre choix, ce qui change de beaucoup la façon d’aborder les missions. Pour ma part, je me suis concentré, tel que dans l’original, à utiliser des fusils de précision avec Zer0. Pourtant, j’aurais pu aller dans le sens contraire et distribuer les points dans ses habiletés de combat rapproché ; il existe donc plusieurs stratégies valides avec un seul personnage.

L’histoire vous plonge dans un conflit d’envergure avec Le Beau Jack, un personnage excentrique désireux de réveiller un extra-terrestre au coeur de la planète Pandore avec une nouvelle ressource, l’éther. Du côté des missions, on retrouve le même cachet humoristique de la production originale, ClapTrap compris. J’ai souvent rigolé en cours de partie car le scénario ne manque pas de mordant, en particulier avec les quêtes secondaires. Les développeurs ont su doser entre sérieux et décalé, même si le jeu penche plutôt vers ce dernier qualificatif. Comme par le passé, vous affronterez des bandits sans cervelle, des hyménoptères et des slags. Plusieurs nouveaux monstres s’ajoutent au bestiaire que vous connaissez, parmi eux des semblants de gorilles énormes, des hélicoptères, des robots variés et des créatures tentaculaires imposantes. La liste est plutôt longue, surtout en incluant les différents boss ou ennemis spéciaux. Je dirais sans hésitation que la sélection est plus importante que dans Borderlands premier du nom, idem pour les environnements. Ils sont à couper le souffle, plus longs et intéressants à explorer. Pandore se montre sous ses visages hivernal, désertique, caverneux et j’en passe. La diversité est au menu, et ce facteur se ressent aussi avec les armes que vous récupérez. Ces dernières sont bien plus mémorables, et je n’ai jamais eu le sentiment de duplication ressenti quelque peu avec l’original. Un fusil à pompe qui lance des boules d’électricité? Un lance-roquette à base d’acide? Un pistolet qui parle? Oups, j’en ai peut-être trop dit…

borderlands 2 gameplay

En plein dans le slag!

La plupart des fautes commises avec Borderlands ont été corrigées dans cette suite remarquable. Je précise le mot plupart car bien que j’adore la série, certains éléments me chicotent encore trois ans plus tard. Notamment la façon dont les ennemis apparaissent en sortant de leurs cachettes. Parfois nous les voyons déjà sur le terrain, mais lorsque ce n’est pas le cas le côté artificiel du jeu agace un peu. Rien de plus fâchant que de se retrouver avec un Goliath derrière son personnage en pleine fusillade puisqu’il vient de se décider à sortir de sa hutte. Remarquez, ce n’est là qu’un petit détail. Mais il s’ajoute à d’autres, le plus problématique étant celui de la réapparition des ennemis sur la carte. Oui, c’est assez long avant que le phénomène se produise, mais quand vous revisitez une zone et que le boss unique est revenu à la vie avec ses sbires, impossible de ne pas avoir une arrière-pensée du genre « on croirait que je joue à un MMO ». À mon humble avis, les ennemis devraient réapparaître que sous certaines conditions, et les monstres uniques jamais. C’est le sentiment de progression qui se voit entaché par une telle décision de game design.

Le seul autre reproche que je pourrais adresser à Borderlands 2, ce sont les voix horripilantes. Je ne me suis pas aidé en jouant avec la version française. Au moins, je n’ai pas entendu « Tu vas couiner quand on te fera bouillir! » (phrase réelle du jeu original). Malheureusement, les personnages se sentent obligés de lâcher de petits commentaires en plein feu de l’action. Après 40 heures de jeu, j’en avais assez d’entendre ZerO « activer son piège » dès qu’il devenait invisible. Je n’ai pas trouvé d’option pour contrecarrer ce problème, qui n’en sera peut-être pas un pour vous. Ah, et Scooter. Dieu que je déteste ce personnage.

borderlands 2 dahl

Auto-looooooc!

Borderlands 2 jouit d’une diversité exemplaire tant au niveau de ses personnages que des niveaux, des missions et des objets à gagner (armes, boucliers, grenades, mods). L’équipe a ajouté l’option de personnaliser son héros avec des costumes spéciaux ou un accessoire pour votre tête. Ces objets un peu plus rares valent surtout la peine en coopération où votre apparence aide à vous démarquer des autres. Au sujet du multijoueurs, il est aussi bien réalisé qu’avant, avec possibilité de conduire un véhicule à quatre joueurs. Le défi augmente en conséquence du nombre de joueurs dans une partie. Je suis d’abord et avant tout un joueur solo, donc je ne me suis pas attardé à l’aspect coopératif, mais de ma courte expérience et de celle de collègues, Gearbox Software a visé dans le mille. J’apprécie qu’un développeur se soucie d’ajouter des modes LAN ou en écran partagé, ce qui ne se fait pratiquement plus de nos jours. Borderlands 2 est un jeu qui a énormément de contenu. Comptez au moins 30 heures pour compléter votre première partie et bien plus si vous comptez terminer les missions secondaires. Après vous avez droit à de nouveaux défis en New Game +, avec des armes franchement hallucinantes causant plusieurs milliers de dommages.

borderlands 2 boom

[easyreview title=”Verdict” cat1title=”Résumé” cat1detail=”Les ventes phénoménales de Borderlands 2 témoignent d’un produit de qualité, mais c’est en y jouant que vous comprenez pourquoi la série est aussi populaire. Le monde de Pandore est plus varié que jamais, le graphisme est un pur délice et les quêtes, plus engageantes que par le passé. Impossible de ne pas sourire devant un tel concentré de pur fun. Toutefois, il serait naïf d’oublier les rares fautes du jeu, que ce soit les voix agaçantes ou les ennemis qui apparaissent et réapparaissent de façon très artificielle. Difficile de faire autrement compte tenu de l’immensité du produit final, mais ce sont là des critiques valables qui ne gâcheront en aucun cas votre expérience de jeu globale. Gearbox Software avait un pari : faire de cette suite une expérience mémorable. C’est donc mission réussie pour le développeur, et je ne peux que me dire épaté devant un projet aussi bien réalisé. Vous en aurez pour votre argent!” cat1rating=”4.5″]

Critique réalisée sur PC

Sur le même sujet