Critique : The Elder Scrolls V : Skyrim

Critique : The Elder Scrolls V : Skyrim

10 décembre 2011 Non Par Michaël Bertiaux

Plus de cinq ans se sont écoulés depuis le dernier volet dans la série The Elder Scrolls. Le développeur Besthesda Softworks a depuis travaillé sur d’autres projets d’envergure, que ce soit Fallout 3 et son expansion New Vegas ou encore le jeu RAGE. Avec Skyrim, la compagnie a joué la carte de l’ambition : des environnements gigantesques, des donjons évolués et des possibilités infinies. Est-ce suffisant pour en faire un jeu de qualité supérieure ?

Né des dragons

The Elder Scrolls V : Skyrim prend place 200 ans après la crise d’Oblivion à Cyrodiil. Le joueur a été fait prisonnier et sera exécuté dans le petit village de Helgen. Toutefois, alors qu’il avait la tête sur la potence, ce dernier s’échappe d’une sentence fatale lorsqu’un dragon met à feu et à sang les environs. Dans sa fuite, le joueur apprivoise les contrôles du mieux qu’il peut, aidé d’un soldat. Le premier donjon agit en tant que didacticiel où tester les fonctionnalités de base, par exemple la magie et les combats, est de mise.

En règle générale, manœuvrer son personnage dans les décors de Skyrim est aisé. Cependant, l’interface des menus n’est pas très intuitive : à l’occasion, trouver un objet ou un sort dans sa liste s’avère un vrai casse-tête. De plus, les différents menus pausent le jeu et cassent le rythme de celui-ci. Rien de plus facile que d’ouvrir l’onglet « potions » en plein combat et se refaire des points de vie. D’autant plus qu’il n’y a aucune limite à cet effet, contrairement à Oblivion. Malgré quelques lacunes apparentes, l’interface n’est un problème qu’au cours de la première heure de jeu – le temps de s’adapter. Au moins, il est possible d’utiliser des raccourcis pour équiper ses items et ses sorts favoris.

Un des éléments marquants de Skyrim est sans aucun doute le temps accordé à la conception des donjons. Ils sont bien plus intéressants que par le passé, soignés et poussent le joueur à explorer en lui proposant des récompenses ( coffres, armes, etc. ) variées. L’eau joue un rôle prédominant à l’intérieur des cavernes : elle indique des sorties vers le monde extérieur. Ce sont ces petits détails qui font de Skyrim un jeu motivant à explorer de fond en comble, d’autant plus qu’il y a aussi des pouvoirs de dragon ( shouts ) à découvrir un peu partout. Ces pouvoirs spéciaux, uniques au personnage principal qui est né des dragons ( dragonborn ), ajoutent du piquant aux combats avec des effets spectaculaires. Parmi ceux-ci, notons la possibilité de glacer vos ennemis, d’invoquer une tempête ou encore de cracher un jet de flammes meurtrier.

Une destinée céleste

Après avoir goûté un peu aux mécaniques de Skyrim lors de la première quête principale, le joueur est libre de partir à l’aventure aux quatre coins de Tamriel, la région de ce Elder Scrolls. Qu’une chose soit claire : le nombre de quêtes secondaires dans ce jeu vidéo est exorbitant. Peu importe où, les personnages non joueurs requièrent les services d’un héros en devenir. Les quêtes, c’est le fer de lance de Skyrim. Il y en a de tous les styles pour tous les goûts. Assassinats, vols, récupération d’objets importants, protection d’un personnage secondaire, la liste est longue. La plupart en valent le détour, ne serait-ce des quêtes aléatoires, une nouveauté pour le moins décevante. Leurs objectifs sont bêtes et répétitifs, mais au moins il y a moyen d’empocher de l’or à tous les détours.

Bethesda a introduit un nouveau facteur dans Skyrim, celui des dragons. Ils peuvent attaquer des villages ou des aventuriers comme bon leur semble et possèdent des caractéristiques uniques. Les tuer octroie une âme de dragon, nécessaire pour débloquer les cris découverts dans les donjons. Malheureusement, les combats contre ces créatures mythiques sont décevants. Il ne suffit que d’attendre qu’ils se posent et les frapper quelques fois pour les vaincre. De grosses passoires ailées, voilà ce qu’elles sont. Quelques-uns posent un défi supplémentaire, mais rien de dramatique. Il y a problème apparent quand un troll des neiges tue plus facilement qu’un monstre légendaire…

Skyrim est un jeu ambitieux qui, malgré les apparences, n’a pas beaucoup évolué depuis Oblivion au niveau des combats. Bien qu’il est possible de manier une arme et un sort en simultané, les affrontements se résument trop souvent à frapper, reculer et répéter ces deux mouvements. C’est d’autant plus vrai pour les classes spécialisées au corps à corps. En d’autres mots, les combats ne sont pas très excitants. Les cris de dragon ajoutent une certaine profondeur, si ce n’est que de rendre le jeu encore plus facile qu’il ne l’est déjà.

Brouillon mais addictif

Quelques concepts de Fallout se sont nichés une place dans Skyrim, le premier étant les « perks », des compétences divisées en arbres de croissance selon un type général, par exemple l’art du pickpocket, armure lourde, armes à deux mains, conjuration, et ainsi de suite. À chaque niveau, le personnage choisit d’évoluer une compétence de son choix et débloque des habiletés uniques. Le tout est présenté sous forme d’astres et c’est très bien fait. Par contre, l’autre élément emprunté à Fallout, soit les morts au ralenti lors de coups critiques, n’est pas le bienvenu. Après plusieurs heures de jeu, les animations deviennent répétitives et accessoires au maximum, mais ce n’est là qu’une faute mineure.

Fidèle à ses habitudes, Bethesda offre un jeu bourré de bogues dont les performances sur PlayStation 3 laissent à désirer. Malgré les nombreuses rustines, ce portage demeure quasi injouable en raison de lenteurs inadmissibles. Sur Xbox 360 et PC, les ralentissements se font plus rares. Il y a de nombreux problèmes au niveau de l’animation et de la physique, mais ils sont excusés en partie par l’ampleur du jeu vidéo et ses possibilités difficiles voire impossibles à prévoir par les développeurs. De là tout le défi de créer un jeu aux dimensions aussi démesurées.

Skryim est loin d’être un jeu parfait, il ne faut pas se le cacher. En revanche, considérant la pléiade d’objets à gagner, de situations uniques à vivre et des environnements vastes dans lesquels se perdre n’est pas une corvée, il gagne vite le statut d’incontournable. Il aurait été préférable d’offrir des combats un peu plus poussés et un défi de plus grande taille. Le portage PlayStation 3 est une catastrophe. Pourtant, une fois dans le jeu, on y perd de nombreuses heures sans s’en rendre compte. C’est la magie Bethesda : à la fois brouillon mais addictive. Un must pour les fans de jeux de rôle américains, et un des plus complets offerts au cours des dernières années. Mais n’allez pas penser qu’il est parfait !

[easyreview title=”Verdict” cat1title=”Note” cat1detail=”250 The Elder Scrolls V : Skyrim est un jeu incroyable qui est entaché de quelques défauts ennuyants. Pour un jeu de rôle, son aspect combat n’est pas assez travaillé. Le défi n’est pas toujours de la partie. Pourtant on accroche à son univers complet, ses quêtes uniques et son ambiance des plus réussies. Un jeu de cette dimension est un véritable exploit, sauf sur PlayStation 3 où les problèmes de performance sont flagrants, à un tel point qu’il ne vaut pas la peine d’être acheté sur cette plate-forme. Ne manquez pas Skyrim – une aventure épique dont la durée de vie est spectaculaire” cat1rating=”4.5″ overall=”false”]

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