Critique de Parasite Eve: The 3rd Birthday

Critique de Parasite Eve: The 3rd Birthday

1 avril 2011 Non Par Michaël Bertiaux

Plus de 10 ans se sont écoulés depuis le dernier titre de la franchise Parasite Eve, créée par Square avant sa fusion avec Enix. Développée en exclusivité sur PlayStation Portable, cette suite s’inspire en grande partie des deux premiers jeux vidéo. Toutefois, il est important de noter que The 3rd Birthday n’est pas autant axé sur l’aspect horreur et survie que ses prédécesseurs, au profit d’une jouabilité orientée vers l’action. Ce changement de cap avait été introduit à moins grande échelle dans le second volet, et les fans seront peut-être déçus de cette tournure dramatique en matière de design.

Le joueur est en contrôle du personnage Aya Brea, une agente spéciale dont la mémoire s’est effacée inexplicablement depuis ses anciennes péripéties à New York. Elle seule est capable d’utiliser le système Overdive : une technologie qui la rend capable de voyager dans le passé et changer le cours de l’histoire. Ce faisant, elle prend contrôle des corps de gardes nationaux pour mener à bien ses missions contre des créatures ayant pris Manhattan d’assaut. Vous comprendrez assez vite que l’histoire est des plus farfelues. Les non-sens s’empilent les uns après les autres.

Comme il a été souligné en introduction de cette critique, The 3rd Birthday propose une expérience qui mise davantage sur l’action pure et dure. On croirait presque à une américanisation du jeu vidéo. Le côté RPG en prend un coup : bien qu’il soit possible d’augmenter de niveau et de gagner de l’expérience pour améliorer son arsenal, le reste laisse à désirer. Au lieu d’utiliser des sorts, par exemple la pyrokinésie (PEII), le joueur modifie son ADN grâce à des plaquettes qu’il peut agencer à sa guise. La seule véritable magie prend place au cours du mode Overdive. Autrement, les niveaux se résument à tuer les Twisted, ces créatures issues d’on ne sait quel endroit, et ordonner aux personnages réglés par l’intelligence artificielle de vous couvrir ou de se défendre. Aya peut aussi se protéger des attaques ennemies en se plaçant derrière des barricades.

SquareEnix, c’est un peu sa marque de commerce, nous propose un produit raffiné au plan visuel ; les cinématiques sont particulièrement réussies, ainsi que les graphiques en général. La dimension sonore bénéficie d’autant de finesse, avec de superbes pièces réalisées par Yoko Shimomura, entre autres. Le problème réside plutôt dans la logique des scènes proposées, surtout par rapport à ce qui avait été offert sur PlayStation il y a plus d’une décennie. Les fans de Parasite Eve vont se demander pourquoi leur série a été métamorphosée de la sorte. L’action est omniprésente, au détriment de la survie. On ne se sent pas en danger lorsqu’on peut incarner une foulée de soldats différents, et encore moins attaché au personnage principal. Le réalisateur Hajime Tabata semble avoir misé sur le contenant plutôt que le contenu ; une autre preuve de ce phénomène est l’hypersexualisation d’Aya Breya, dont les vêtements se déchirent au fil des combats. Certains saliveront devant ces pixels révélateurs de peau virtuelle, d’autres soupireront devant une telle obstination à exciter les plus pervers d’entre-nous. Pour les curieux, il existe aussi une scène sous la douche à l’image de Parasite Eve 2 – festoyons!

Au final, The 3rd Birthday n’est pas à la hauteur des attentes énormes par rapport à cette série. Bien que sa présentation soit géniale, l’histoire décousue, voir sans queue ni tête, dérange. Mais pas autant que cette nouvelle vision qui divague trop de la ligne directrice d’autrefois, c’est à dire l’horreur et la survie, pour accentuer le nombre de combats jusqu’à les rendre banals.

[easyreview title=”Analyse” cat1title=”Visuel” cat1detail=”The 3rd Birthday propose des graphiques à couper le souffle lors de ses cinématiques. Les menus sont eux aussi élégants. La fluidité est au rendez-vous en tout temps. Le jeu est superbe, certainement un des plus beaux de la PSP.” cat1rating=”4″ cat2title=”Audio” cat2detail=”La trame sonore est engageante. Les dialogues parlés, en anglais, sont réussis. Même les effets spéciaux, ceux des monstres ou des armes, pour ne citer que ceux-ci, ont du punch” cat2rating=”4″ cat3title=”Jouabilité” cat3detail=”Les contrôles sont simples à maîtriser ne serait-ce que le mode Overdive, des plus vagues. Un menu rapide permet de changer l’arme équipée avec les croix directionnelles, et le bouton O permet de lancer une grenade. Il est possible d’esquiver des attaques avec des roulades, ou encore demander un tir groupé sur un ennemi, à condition d’être en présence de partenaires et de l’avoir ciblé.” cat3rating=”3″ cat4title=”Design” cat4detail=”Le talon d’Achille de ce troisième Parasite Eve. Avec son histoire gazante et surtout saugrenue, sans parler de la surabondance d’ennemis à tuer, on ne croirait pas avoir affaire à la même franchise. Les plaquettes d’ADN sont plutôt confusantes, et le mode Overdive n’est pas du tout un bon concept. Idem pour les fusillades assistées par des gardes nationaux. Les bonnes idées ne sont pas de la partie.” cat4rating=”2.5″ cat5title=”Longévité” cat5detail=”The 3rd Birthday comprend son lot de missions divisées en six épisodes, plusieurs modes de difficulté et une tonne d’armes à acheter puis modifier (pistolets, fusils à pompe, snipers, lance-grenades, etc.) Les perfectionnistes pourront tenter de débloquer les nombreux extras, incluant les costumes loufoques, dont un lapin de titane (…). Chaque mission comprend son lot d’accomplissements à découvrir. Des codes secrets sont aussi disponibles. La question qui se pose est : aurez-vous vraiment envie de répéter les missions autant de fois alors que la plupart de ces dernières sont ennuyantes?” cat5rating=”3.5″ summary=”The 3rd Birthday n’est pas la suite espérée après un aussi grand laps de temps. Le jeu, malgré son lot de mauvais facteurs, demeure une création valable qui aurait pu s’intituler autrement et ne pas affecter une série aussi remarquable. Les développeurs ont vraiment gâché ce qui aurait pu être un des grands titres de la PSP. Par leur ténacité à faire de Parasite Eve un jeu d’action qui plairait au marché de l’ouest, SquareEnix a oublié les racines de la franchise : un habile mixte entre la survie, l’horreur et le RPG.” cat6rating=”3.5″]