La Planque Jeux Vidéo, une boutique pas comme les autres

Cette semaine, j’ai eu le plaisir de m’entretenir avec Richard Bourque, un des trois co-fondateurs de la boutique La Planque Jeux Vidéo ayant pignon sur rue au centre-ville de Québec, plus précisément le 249 St-Vallier Est. Depuis plus d’un an déjà, lui et ses deux partenaires d’affaires, Jessica Leullier et Mathieu Lemire, triment dur en vue de faire de leur projet un arrêt obligé en la matière : compte-rendu d’un commerce indépendant à ne pas manquer.

Dès mon entrée dans le commerce, une chose m’a frappée : il n’en parait pas un. Et c’est tout à son honneur. Je m’explique : l’ambiance est telle que le client se sent dans son propre salon – des couleurs décontractées, pas de bruits assourdissants, deux bancs en face de téléviseurs où il est possible de tester le titre de son choix parmi un large éventail de possibilités (du Nintendo NES à la PlayStation 3), une tonne de décorations suivant la thématique des jeux vidéo, franchement j’ai été épaté par le souci des détails. Ceux-ci ne sont pas liés au hasard non plus : « on voulait quelque chose de naturel, de là les couleurs boisées. Surtout, on voulait créer un magasin offrant une autre vision des jeux vidéo, avec une ambiance conviviale. On y encourage presque la flânerie », m’a expliqué Richard à la blague.

Mais un pareil projet ne serait pas venu au monde sans une idée et une bougie d’allumage : « Ça remonte à loin, au début des années 2000 alors que nous étions à l’université. On voulait créer notre propre commerce de jeux vidéo. Plus tard, après avoir travaillé chez différentes compagnies de Québec (Longtail Studios, Frima), nous avons tous perdus nos emplois à peu près en même temps et on a décidé de réaliser le projet. » Du mois de mars au mois d’août 2009, l’équipe s’est attelée à la confection d’un plan d’affaires avant d’ouvrir ses portes au public quelques semaines plus tard, après avoir rénové leur petit local de 400 pieds carrés. Plusieurs mois plus tard, quel bilan peuvent-ils en tirer? « La première année a été deux fois plus achalandée que prévue », m’a confirmé Richard. Toutefois, ce dernier aimerait rejoindre un public plus large : « À l’heure actuelle, on peut très bien vivre avec le noyau de clients que nous avons. Mais c’est certain qu’on aimerait pouvoir attirer davantage les parents, par exemple. »

Côté compétition, j’ai demandé à mon hôte s’il se sentait menacé par les EB Games et Microplay de ce monde : « Nous n’avons pas vraiment peur. Même si nous n’avons qu’un pour cent de la tarte au Québec, c’est déjà ça. Au contraire de certains, ici tous les prix sont affichés clairement, il n’y a pas de cachettes, et on essaie pas de vous en vendre plus ou de vous achaler avec des garanties. Par rapport aux prix, nous tentons de suivre les grands, même qu’à l’occasion nous vendons moins cher qu’ailleurs. » Géographiquement parlant, la Planque ne se retrouve pas sur St-Vallier par coïncidence : « C’est une stratégie locale avec toutes les compagnies de jeux vidéo à proximité (Beenox, Ubisoft, etc.). De plus, on trouvait que le centre-ville de Québec était mal desservi pour les boutiques de jeux vidéo, forçant les intéressés à se déplacer dans les centre-d’achats ou en périphérie. »

Chez la Planque, ce sont les jeux Nintendo Nes et Super NES qui ont la cote, étonnamment. Ceux-ci sont disponibles en grande quantité, même si le nombre de consoles à vendre est souvent minime étant donné le roulement intense de la marchandise à cet effet, un joli « problème » que ce sont créés les fondateurs du commerce. Les tablettes regorgent de titres obscurs, dont certains RPGs japonais vendus à prix raisonnables, et autres raretés alléchantes. Bien entendu, la Planque ne fait pas exception aux bacs remplis de jeux de sports dont personne ne veut, mais cela fait partie de la chose. Il s’agit d’un des seuls endroits à Québec pour se procurer des jeux rétro bon marché, sans passer par les pawn shops contre lesquels Richard et ses partenaires luttent sans cesse.

Un autre aspect qui démarque la Planque de la concurrence est son habileté à organiser des événements très courus dans le centre-ville : les Warpzone, un rendez-vous pour les nostalgiques des jeux vidéo qui, l’espace d’une soirée, se plongent dans différents univers issus de générations passées ou présentes. À cet effet, Richard s’est dit plus que satisfait du succès de cette initiative, avec une réserve : « C’est très exigeant. Avec la promo, la paperasse, en plus de la gestion de la boutique, on ne peut pas en organiser aussi souvent que nous le désirons. On aimerait en faire une ou deux fois par année maximum, en même temps ils seraient de meilleure qualité donc tous seraient gagnants. » Trois éditions du Warpzone ont eu lieu à ce jour, attirant chaque fois plus de 150 personnes et l’attention des médias locaux.

J’ai voulu aborder l’aspect publicité de la Planque avec Richard, en particulier leur présence frappante sur Facebook, une tendance que pourraient adopter plusieurs commerçants au cours des années futures. « C’est une façon naturelle de rejoindre les clients. Ils peuvent pré-commander ou nous parler en direct. Ça crée une certaine aisance au niveau des commandes, c’est un véritable avantage pour nous. » En effet, la boutique ne se gêne pas pour informer ses clients des nouveautés via ses statuts, et compte plus de 600 amis (devenez-en un!). Les géants de l’industrie ne se permettent pas un contact aussi personnel, du moins pour le moment, contact que prêche à sa façon la Planque.

En conclusion, j’ai demandé au co-fondateur de la boutique ce qu’il aimerait changer, à plus ou moins long terme. « On aimerait éventuellement agrandir vers le fond, car il y a un 200 pieds carrés disponible à l’arrière du local actuel. Ça nous permettrait d’avoir un backstore, ce qui serait très utile. Sinon je dirais que d’aller chercher le mainstream (monsieur madame tout le monde) est un autre de nos plans. Le site web (www.laplanquejeuxvideo.com) est aussi à travailler. »

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